Emmaüs : la solidarité au quotidien
Mise à jour le 07/09/2026
Les 19 et 20 septembre, c’est un patrimoine humain qui se dévoile au Relecq-Kerhuon. Durant ces deux jours, les compagnes et compagnons de la communauté Emmaüs ouvrent les portes de leur communauté. Et de la solidarité.
Derrière les hauts murs du 1, rue Yves Le Maout, au Relecq-Kerhuon, la communauté Emmaüs du Nord Finistère œuvre, depuis 70 ans, à plus de solidarité et de vivre ensemble sur le territoire de la métropole. Un anniversaire dont le point d’orgue se jouera les 19 et 20 septembre, à l’occasion des Journées européennes du patrimoine, « parce que le lieu appartient au patrimoine bâti du territoire… mais aussi à son patrimoine humain », résume dans un grand sourire Yves Le Therisien, président de l’association.
Projet humaniste
L’ancienne poudrerie, détruite durant la Seconde Guerre mondiale, fut, dès l’hiver 1956, investie par le mouvement Emmaüs, afin d’assurer l’accueil inconditionnel des plus précaires, leur offrir le gîte et le couvert, et leur permettre à leur tour d’aider plus en difficultés qu’eux : « C’était un projet humaniste, et il a fonctionné », souligne Yves Le Therisien.
Et si Emmaüs conserve la même philosophie, l’association a évolué au fil du temps, et ses hébergés aussi. « Longtemps, on a eu des gens cassés, issus principalement de France. Aujourd’hui, on accueille une population avec beaucoup d’exilés. Et un point commun : la volonté de s’insérer et une implication très forte dans le milieu associatif et culturel », précise Franck Laroche-Osouf, responsable de la communauté.
Refonder ensemble un avenir collectif
Les dons sont triés et remis en état ici, avant de partir vers les trois points de vente locaux, à Brest, Plougastel et Morlaix. Chaque compagne ou compagnon prend une part dans la boucle : au tri, à la ramasse chez les particuliers, à la vente… Et il y a du travail, avec quelque 2 000 tonnes de dons annuels, que les hommes et les femmes d’Emmaüs valorisent à près de 98 % ! Mais au-delà de l’activité économique, qui fait vivre la communauté, ce sont aussi et surtout des parcours de vie, souvent brisés, qui se reconstruisent. Des hommes et des femmes qui s’entraident et s’insèrent sur le territoire. Les uns participent aux maraudes solidaires brestoises, d’autres donnent de leur temps au Secours populaire, d’autres encore apprennent le français sur place ou via les cours de l’Abaafe (Association brestoise pour l’alphabétisation et l’apprentissage du français pour les étrangers). « Et au final, tous ceux qui partent d’ici le font avec un emploi à la clé, et des entreprises ravies de les trouver, pour leurs valeurs humaines, leurs savoir-faire, leur sens du collectif », pointe encore Franck Laroche Osouf.
Rendez-vous les 19 et 20 septembre
Les 19 et 20 septembre, à travers de nombreuses animations, concerts, et débats, c’est une porte ouverte sur la solidarité du quotidien qui s’ouvre donc à tous, au 1, rue Yves Le Maout. Un rendez-vous pour découvrir les trésors de ces compagnes et compagnons venus souvent d’ailleurs, après des parcours chaotiques dont ils font, au final, la plus grande des forces, en la mettant au service de la solidarité.
Retrouvez la programmation des 19 et 20 septembre page 20 et sur Brest.fr