Cinédébat : "la folle de Toujane" - Un film de René Vautier dans le cadre du festival de films pour la Paix
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Culture / Loisirs
- Publié le 24/09/2026
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Le Samedi 24 octobre 2026 de 16:00 à 19:30
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Cinéma Les Studios
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Sourds et malentendants
La Folle de Toujane, comment on devient un ennemi de l'intérieur
Dans le cadre du Festival de films pour la Paix, organisé par l'Université Européenne de la Paix. Ce film fait écho à celui de Paul CARPITA qui sera présenté le 15 octobre 2026 au cinéma Les Studios
Les itinéraires de deux amis d’enfance, Roger, instituteur, et Gwen, animatrice de radio. Le premier est en Tunisie pour "propager" la culture française. Il assiste aux indépendances tunisienne et algérienne tandis que son amie mène une vie monotone à Paris. À la fois une histoire d’amour : deux jeunes qui se plaisent, s’aiment et vieillissent séparément parce que la vie, le boulot, les autres, les séparent et les rendent différents. Et une histoire politique : une fille qui accepte de s’intégrer dans un système et un gars qui refuse jusqu’à en crever. Et aussi une histoire de peuples qui se réveillent, qui se retrouvent, au besoin en faisant craquer un système.
Un instituteur breton s’en va enseigner la culture français aux enfants d’une Tunisie secouée par les luttes pour l’Indépendance, puis aux enfants d’Algérie déchirée par la guerre… Il refuse l’hypocrisie, choisit son camp…
Réalisation : Nicole Le Garrec et René Vautier
Scénario : René Vautier
Avec : Julien Guiomar, Gilles Servat, Micheline Welter
Production : UPCB (Unité de Production Cinématographique Bretonne)
Lieu(x) de tournage en Bretagne : Plonéour-Lanvern (29720)
Prix & Sélections en festivals : Festival de Cannes (Prix des Peuples), Festival Travelling 2016
Prix des Peuples & Prix de la Fédération Internationale des ciné-clubs au Festival de Cannes 1974
L’Algérie coloniale, la guerre d’indépendance au miroir des cinémas amateur et militant.
La folle de Toujane, réalisé par René Vautier et Nicole Le Garrec est une fiction particulièrement significative du ré-emploi des images tournées par Vautier et ses collaborateurs. Ce film obtient son visa d’exploitation CNC en 1974.
Gilles Servat y incarne un instituteur breton parti enseigner dans le village de Toujane à la frontière algéro-tunisienne tandis que son amoureuse Gwen incarnée par Micheline Welter vit à Paris. La guerre d’Algérie rattrape les deux amis d’enfance. D’un côté Roger, l'instituteur prend parti, tandis que Gwen, devenue animatrice radio, choisit la voie de la neutralité. La mise en tension de ces deux conceptions peut ainsi se lire dans le réemploi des images déjà tournées par Vautier ou ses proches collaborateurs.
Les images d’Algérie en flammes ou de J’ai huit ans sont ainsi associées à l’univers de l’instituteur. Le spectateur est ainsi invité à embrasser le regard algérien et notamment celui des enfants par leurs dessins. L’utilisation intégrale du film de fiction Le remords (1973 environ) est, quant à lui, associée à l’univers de Gwen. Cette séquence où René Vautier incarne lui-même le rôle d’un producteur, à défaut d’avoir trouvé un acteur, se rapporte aux massacres d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Elle symbolise alors l’importation particulièrement choquante de l’esprit criminel répressif et guerrier associé à l’intervention des forces spéciales en Algérie.
Mais en même temps qu’elle rappelle la réalité d’une violence extrême, encore présente dans les esprits, elle n’est pour autant pas réellement assumée par une France qui nie encore sa responsabilité publique. Dans La folle de Toujane, nous pouvons donc lire dans le ré-emploi des images de Vautier les contradictions de prises de position témoignant des fractures de la société française, incarnées par deux personnages fictifs, amis d’enfance à l’origine.
Cinéma Les Studios
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136 rue Jean Jaurès
29200 Brest - 02 98 46 25 58
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