Manque d’eau : « On réduit, tout de suite »

Environnement / Energie

Publié le 08/10/2026

Face à une pluviométrie en berne depuis l’été, l’alimentation en eau de Brest métropole et du Finistère nord est en danger. Un appel à la limitation des consommations est lancé.

Réunis à l'usine de traitement de l'eau potable de Pont ar Bled, les représentants des communautés de communes du Nord Finistère et de Brest métropole ont lancé un cri d'alerte : sans baisse immédiate des consommations, l'eau pourrait venir à manquer. - ©Nacer Hammoumi

Les chiffres sont sans appel : avec un taux de remplissage de 32 %, le barrage du Drennec (qui alimente en eau potable le Pays de Brest) est au plus bas. Une situation inédite depuis plus de 40 ans, et qui laisse craindre de réelles pénuries d’eau si chacun, particuliers comme professionnels, ne réduit pas sa consommation dès aujourd’hui. Nous ne sommes plus en alerte rouge mais écarlate. Il nous reste quelques semaines de stocks. Et si l’on ne fait rien, nous n’aurons plus d’eau dans moins d’un mois, prévient Stéphane Roudaut, président de Brest métropole. 

Du jamais vu

Ce jeudi 8 octobre, les représentants des communautés de commune du Nord Finistère, mais aussi des bassins versants se sont réunis à l’usine de traitement de l’eau potable de Pont Ar Bled (Plouédern) pour lancer le même cri d’alarme. Nous en sommes à moins 60 % de pluviométrie par rapport à la moyenne annuelle observée sur les 40 dernières années, confirme Philippe Rybski, directeur du syndicat de bassin de l’Elorn. Une situation jamais vue, et qui amène tous les responsables du territoire à parler d’une même voix : La consigne, c’est on réduit, tout de suite, pointe Dominique Cap, président du syndicat de bassin de l’Elorn.   

Des consommations trop élevées

Tout l’été, l’Etat comme les collectivités ont alerté, des mesures de restriction des usages de l’eau ont aussi été prises… Et pourtant : On constate que la consommation d’eau est la même qu’il y a un an, et même légèrement supérieure à il y a un an, poursuit l’élu. Dans le même temps, les territoires voisins du Sud Finistère ont déjà atteint leurs limites. Si rien n’est fait, le Nord du département suivra donc le même chemin, avec une baisse des débits au robinet, voire un arrêt des activités économiques… 

Baisse drastique

Si chacun adopte aujourd’hui une vraie baisse de ses consommations en eau, alors on passera le cap, estime  toutefois Noémie Saint-Hilary, directrice d’Eau du Ponant. Des efforts tout de suite, et des efforts massifs. La consommation moyenne actuelle par jour et par habitant est aujourd’hui de 112 litres : Pour réussir, il faut baisser de moitié les consommations.

Les bons gestes

Pour les particuliers, les bons gestes, à consulter sur cette page, sont légion, et à adopter massivement : 

  • Pendre une douche plutôt qu’un bain
  • Récupérer l’eau avant qu’elle ne devienne chaude
  • La réserver aux usages prioritaires et respecter les restrictions en cours. 

Risque réel

Face à des prévisions météo qui ne prévoient pas de pluie en quantité suffisante d’ici la fin octobre, chacun a donc un rôle à jouer, en prenant l’eau pour ce qu’elle est : un bien commun, rare et à consommer avec parcimonie. Si on veut voir les réserves se refaire, il nous faudrait environ 200 mm d’eau, pendant un mois, indique Philippe Rybski. On en est loin : Et si on ne limite pas massivement nos consommations, tout de suite, on va dans le mur, prévient Stéphane Roudaut   

 

Et après

Les acteurs du territoire travaillent en parallèle à adapter les infrastructures, notamment pour stocker les eaux hivernales. Des mesures sur la tarification progressive sont aussi à l’étude pour Brest métropole, avec une mise en service possible dès 2027, a annoncé Stéphane Roudaut.