Brest dans l'oreillette, le podcast des patrimoines d'ici
Mise à jour le 26/02/2026
Bienvenue dans le podcasts "Brest dans l'oreillette" ! A travers des témoignages, vous (re)découvrirez les pépites patrimoniales de notre bien commun. Bonne écoute !
Labellisée Ville d'art et d'histoire
Labellisée Ville d'art et d'histoire, la ville de Brest est riche de patrimoines matériels et immatériels. Elle les valorise tout au long de l'année à travers de nombreuses animations : visites, balades, brochures, expositions, journées du patrimoine... A retrouver dans la programmation des Rendez-vous Ville d'art et d'histoire. La série de podcasts vient compléter ces propositions de manière vivante, sensible et inédite !
Des podcasts pour regarder différemment
Les podcasts Brest dans l'oreillette mettent en lumière des éléments emblématiques de la ville - bâtiments, lieux, légendes urbaines - en les faisant vivre à travers la parole de celles et ceux qui les connaissent le mieux. Le tout avec un petit pas de côté pour surprendre et montrer ce qui rend Brest si attachante.
À travers des rencontres passionnantes avec des experts du patrimoine, des personnalités culturelles, des associations dynamiques et des entrepreneurs visionnaires, nous vous proposons de découvrir Brest sous un autre angle. Laissez-vous surprendre, émouvoir et inspirer par celles et ceux qui écrivent l'histoire de notre ville.
Découvrez Brest comme vous ne l'avez jamais entendue et n'hésitez pas à partager !
Comment retrouver les transcriptions textuelles de la saison 1 ?
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Bonne lecture !
Transcriptions textuelles
Marion Watras
Brest dans l'oreillette, le podcast qui révèle les dessous de l'art et des patrimoines de Brest.
Chantal Rio
C'est avec son vélo et au départ une petite charrette qu'elle décide avec sa collègue qu'il faut évacuer les archives.
Xavier Laubie
Ce sont deux femmes dans un contexte quand même de guerre, très masculin, c'est quand même exceptionnel.
Bénédicte Jarry
Elles avaient vraiment conscience de devoir préserver la mémoire du territoire, la mémoire des institutions qu'elles servaient.
Marion Watras
Elles s'appelaient Geneviève D'Haucourt et Bernadette Lecureux, deux femmes de l'ombre qui ont œuvré main dans la main durant la Seconde Guerre mondiale pour sauver une grande partie du patrimoine écrit de la ville, et de la marine. Leur action a marqué l'histoire de Brest, pourtant peu d'habitants connaissent le parcours de ces deux femmes. Cet épisode de Brest dans l'oreillette vise justement à leur rendre l'hommage qu'elles méritent. Et pour bien comprendre qui étaient ces deux femmes, il faut d'abord remonter au début du XXe siècle. Bernadette Lecureux, brestoise de naissance,n'a que 5 ans en 1918,lorsque son père, archiviste paléographe de métier, meurt au front. L'admiration sans borne qu'elle lui voue conduit Bernadette à suivre les traces de son père. Elle passe le diplôme de l'école des Chartes, qui forme les bibliothécaires et les archivistes. Et elle devient à seulement 24 ans responsable des archives de la marine à Brest. Quant à Geneviève d'Haucourt, de 9 ans l'aînée de son homologue, elle fait d'abord des études de droit, devient la première femme avocate du barreau de Rennes, avant de s'inscrire, elle aussi, à l'école des Chartes. Elle en sort diplômée en 1938, et elle est nommée l'année suivante à Brest pour diriger à la fois les archives municipales et la bibliothèque. La suite, c'est Chantal Rio, responsable des archives municipales et métropolitaines de Brest, qui nous la raconte.
Chantal Rio
Geneviève est arrivée vraiment très peu de temps. J'ai sa fiche de poste, elle a pris son poste le 20 mai 1939. Donc effectivement, la guerre éclatant le 1er septembre, ça a été très très court, la période qu'on dirait normale. Dès 1940, elle voit bien qu'il y a des premiers bombardements qui arrivent et donc elle décide d'évacuer ce qui est le plus important, donc les archives vraiment les plus anciennes, tout ce qui est les registres paroissiaux, les registres d'état civil, les registres de la ville, on a tous les registres de délibération, les arrêtés, etc. avec son vélo et une charrette. Et c'est vrai qu'au départ, elles vont au manoir de Kerjean. Et en fait, ce manoir-là est aussi menacé. Donc du coup, elles se seraient réfugiées au manoir de Spézet, le manoir de Menez Kamm, où là, c'est une de ses amies, enfin quelqu'un qu'elle connaissait, qui accepte de prendre les archives et de les stocker pendant... ça reste longtemps, jusqu'en 1947.
Marion Watras
Précisons que le château de Kerjean, à Saint-Vougay, est situé à plus de 30 kilomètres de Brest. Xavier Lobby, qui dirige le service historique de la Défense, ne cache pas son admiration.
Xavier Laubie
C'est pittoresque, elles ont dû faire du vélo ensemble, on imagine, parce que Bernadette a exactement le même parcours. Elle prend son vélo, elle part au château de Kerjean pour faire des navettes, pour rapatrier et sauver les archives. En réalité, elle ne fait pas tout à vélo, parce que si je vous donne le tonnage, c'est 25 tonnes. Donc elle ne fait pas 25 tonnes à vélo, c'est évident. Mais elles partent à Kerjean, donc au château de Kerjean, on est en 1941 à ce moment-là. Dans un premier rapport du 15 juillet 1941, je cite Bernadette Lecureux, « On a déjà fait une tournée de deux camions pour envoyer 25 tonnes environ au château de Calais. »
Marion Watras
Malgré leur investissement sans limite, Geneviève D'Haucourt et Bernadette Lecureux n'ont pas pu sauver l'intégralité des archives. Comme le disait Chantal Rio, elles ont privilégié les documents les plus anciens.
Xavier Laubie
Alors les archives anciennes, c'est par exemple le fond du Bagne. Les archives anciennes, c'est toute la correspondance entre l'intendance, c'est-à-dire l'ancêtre du préfet maritime au XVIIe et XVIIIe siècle, et les autorités royales qui étaient à Saint-Germain-en-Laye ou à Paris. En revanche, on a évidemment beaucoup d'archives de la Seconde Guerre qui étaient dans les bureaux, qui étaient dans les services, qui étaient des archives, on pourrait dire vraiment contemporaines. En fait, c'était des dossiers administratifs, c'était des dossiers de production mensuelle des autorités de l'époque. Ces archives-là, évidemment, on ne les a pas parce qu'elles ont subi le sort des bombardements.
Marion Watras
Même raisonnement pour les livres de la bibliothèque dont Geneviève D'Haucourt avait aussi la responsabilité. Bénédicte Jarry dirige le réseau des médiathèques de Brest.
Bénédicte Jarry
Pour la bibliothèque... Il y avait à peu près 120 000 documents dans la bibliothèque avant la guerre. Il en restait 3 ou 4 000 qui ont été rapatriés de Spézet après. Donc évidemment, les pertes sont énormes. Ce qui a été sauvé, c'est plutôt les manuscrits et là aussi les ouvrages les plus anciens. Les manuscrits, c'est logique, c'est ce qu'il y a de plus rare, c'est ce qui est unique. Donc c'est ça qu'on va privilégier dans ce genre de situation. Une partie du fond breton aussi. La mémoire locale qui a été privilégiée dans les choix qu'a fait Geneviève à cette époque.
Marion Watras
Si aujourd'hui on peut consulter les registres d'état civil de la ville de Brest ou les permis de construire antérieurs à 1940, c'est bien grâce à l'action de ces deux femmes.
Chantal Rio
Là où on voit vraiment les différences, c'est que... A la ville de Brest, on a presque toutes les archives, alors que les archives des communes qui sont Saint-Marc, Lambézellec et Saint-Pierre, qui elles n'avaient pas d'archivistes évidemment, les archives sont restées dans les mairies. Et là, on a des trous énormes. On n'a aucun permis de construire pour la ville de Saint-Pierre, alors qu'il y avait quand même beaucoup d'habitations et qui sont encore en place. Les maisons existent encore, mais là, on n'a aucun historique. C'est pareil sur Saint-Marc. Sur Saint-Marc, on n'a aucune construction, aucune archive des constructions. On a l'état civil, c'est déjà beaucoup, alors qu'à Saint-Pierre, on a des trous. On a vraiment des trous dans l'état civil où on n'a pas les registres. Ils ne sauront plus jamais, ce sont des archives uniques, on ne les retrouvera jamais nulle part.
Marion Watras
Geneviève D'Haucourt et Bernadette Lecureux ont donc sauvé une grande partie du patrimoine écrit de Brest et de la Marine. Pourtant cela n'avait rien d'une évidence pour deux femmes, jeunes, dans le contexte très masculin de l'époque.
Bénédicte Jarry
En tout cas c'était certainement beaucoup d'énergie d'aller convaincre les autorités de l'époque qu'il fallait s'occuper de ces vieux papiers, dans une période de guerre, de pénurie, trouver des caisses pour transporter, trouver des camions, trouver de l'essence, dans une période de pénurie d'essence pour faire tous ces trajets, je pense que ça a dû leur demander beaucoup d'énergie et beaucoup de force de conviction. Et puis je pense à Geneviève aussi qui a vu la bibliothèque complètement détruite, puisqu'en fait il y a eu un premier bombardement en avril 1941, où là il y a une bombe qui a traversé la bibliothèque, elle n'a pas explosé, mais le bâtiment était déjà bien abîmé. Et puis un deuxième bombardement, là au mois de juillet, où il y a eu un incendie qui a tout ravagé. Donc en fait, à la fois, Geneviève a sauvé une partie de ce patrimoine, mais elle a eu à cœur, dès lors que la bibliothèque a été incendiée, d'en rouvrir une autre. Elle a négocié avec le maire d'avoir deux salles dans une école maternelle rue Danton et fait des appels aux dons, des appels à la population pour pouvoir rouvrir une bibliothèque de prêt, le plus rapidement possible même si tout avait disparu.
Marion Watras
En 1942, le château de Kerjean est réquisitionné par l'occupant. Grâce à la comtesse Vefa de Saint-Pierre, les archives de la ville sont mises en sécurité à Spézet, au château de Menez Kamm, à 70 km au sud-est de Saint-Vougay. Quant à celles de la marine, elles sont rapatriées en train depuis landivisiau vers Toulon. Une nouvelle aventure que Bernadette Lecureux a racontée par écrit.
Xavier Laubie
Dans un autre rapport, c'est assez amusant, Bernadette dit, on a mis les livres et les cartons dans des sacs et les sacs dans un camion découvert pour les transporter à la gare de Landivisiau. Là, on les met dans des wagons entourés de paille. Il y aura beaucoup à faire pour remettre tout cela en état si jamais des jours meilleurs permettent le retour des archives à Brest, elle s'interroge.
Marion Watras
En 1943, Geneviève D'Haucourt quitte Brest pour Nantes. C'est Bernadette Lecureux qui assume pendant deux ans la responsabilité des archives de la ville, en plus de ses missions pour la Marine. Il faudra attendre 1995 pour que Bernadette Lecureux soit décorée de la croix de chevalier de la Légion d'honneur. Quant à Geneviève d'Haucourt, une rue de Brest porte son nom.
Chantal Rio
Il a quand même fallu que son neveu, parce qu'elle n'a pas d'enfant, son neveu avertisse la mairie qu'elle est décédée. Et c'est là qu'on se dit, ah mince, il y a cette femme, mais qu'est-ce qu'elle a fait ?
Xavier Laubie
On a là deux femmes hors normes. Et c'est vrai qu'elles sont trop peu connues ici à Brest, alors qu'elles ont fait un travail énorme pour sauver le patrimoine de cette ville.
Marion Watras
C'était Brest dans l'oreillette, un podcast de la ville de Brest. Si cet épisode vous a plu, abonnez-vous !
Orateur #0
Il y a presque une mythologie autour de bateaux de sauvetage comme ça.
Marion Watras
Brest dans l'oreillette, le podcast qui révèle les dessous de l'art et des patrimoines de Brest.
Orateur #1
C'est impressionnant, très haut, très grand. Il s'occupe de bateaux encore plus gros, donc c'est quelque part une prouesse technique.
Orateur #2
On imagine le parquet à l'intérieur et ça donne envie, on a l'impression qu'il y a un petit cocon là-haut.
Orateur #3
L'image qu'on a, c'est les hommes qui sont sur le pont, un peu en danger pour les autres.
Orateur #0
D'avoir été soumis à des émotions, des moments collectifs, d'exception, de stress ou d'intensité extrême, c'est un peu fascinant.
Marion Watras
Si vous venez à Brest pour la première fois et que l'on vous propose d'aller voir l'abeille, vous serez peut-être surpris de découvrir non pas un petit insecte, mais un imposant bateau. Car à Brest, l'abeille, c'est un remorqueur de haute mer dont la mission principale est de porter assistance aux navires en difficulté. L'abeille, c'est une silhouette, reconnaissable entre mille, celle que les Brestoises et Brestois viennent saluer lors de la promenade dominicale sur le port. Une silhouette qui, lorsqu'elle n'est pas visible, qu'est Malbert, annonce un coup de vent. Et puis l'abeille, c'est aussi un emblème, celui d'une ville de marins où l'homme se sait tout petit face aux éléments et où une poignée d'entre eux, un équipage d'exception, part sauver d'autres vies, parfois au péril de la sienne. L'écrivain breton Hervé Hamon entretient depuis longtemps une histoire très particulière avec l'abeille. Il a accepté de me la raconter pour ce nouvel épisode de Brest dans l'oreillette.
Hervé Hamon
Mon premier souvenir de l'abeille, c'est quand j'apercevais ce bateau en passant devant la rade de Brest. Je suis plaisancier, je fais de la voile, l'idée est qu'il y a un bateau qui sortait vraiment par tous les temps, je me demandais comment ça fonctionnait, comment ça se vivait. Et je me suis dit, un jour ou l'autre, je me débrouillerai pour aller sur ce bateau. Ce que j'ai fait.
Marion Watras
Ce qu'il fera, en effet, à partir de 1997. D'abord pour trois mois, pour tester sa résistance aux tempêtes. Le test est concluant. Très vite, Hervé Hamon noue une forte amitié avec le commandant de l'époque, Charles Claden, dit Carlos. L'écrivain décide alors de se lancer dans un projet d'écriture au long cours.
Hervé Hamon
Je venais sur le bateau dès qu'il y avait du gros temps. Carlos me téléphonait en disant « il y a du temps pour toi, ramène-toi ». Il est même arrivé qu'un matin, il me dise « il y a un coup de vent subit, ramène-toi ». Il était 5h du matin, j'ai pris l'avion à 6h, j'étais à 7h10 à Brest et à 7h20 j'étais dans l'avion d'Ouessant et ensuite j'étais sur l'abeille à 8h.
Marion Watras
C'est ainsi qu'entre 1997 et 1999, Hervé Hamon passe des jours et des nuits sur l'abeille. Il participe à de nombreuses missions de sauvetage, assure des quarts de nuit. Les 12 membres d'équipage en viennent même à le surnommer le 13e homme. Rapidement, il décide de filmer les opérations. Son but premier, avoir des images à faire valoir auprès des compagnies d'assurance des bateaux secourus.
Hervé Hamon
J'ai acheté une des toutes premières caméras numériques, une caméra de communion. J'ai pris l'habitude de m'habiller comme les copains, de descendre sur le pont. J'ai appris à me positionner parce que le travail sur le pont, c'est une équipe de rugby. Il faut toujours qu'il y ait un... un homme qui voit un autre homme devant et qu'on bouge en fonction des câbles essentiellement et aussi des déferlantes, puisque en fait le remorqueur c'est un bateau qui est très haut à la passerelle et le pont est au ras de la mer, donc on peut se ramasser des déferlantes très violentes, y compris des successions de déferlantes et on ne voit pas toujours la première. Donc Carlos hurlait dans les porte-voix, attention il y en a une autre, attention il y en a une autre. Je pense que la plus grosse que j'ai vue, c'est au nord d'Ouessant. On a eu des vagues de 18 mètres, un immeuble de 18 mètres qui vous arrive dessus, c'est quand même impressionnant. Mais moi ce qui m'a frappé dans la tempête, c'est que les marins à bord ne s'affolaient jamais. C'est-à-dire tant qu'on était dans le bateau... C'était un coffre-fort. Ils avaient une confiance dans leur bateau incroyable, aussi forte que soit les déferlantes, les vagues, etc. D'abord, on avait la puissance pour foncer dedans. En revanche, dès qu'on avait à sortir pour faire une manœuvre, même par beau temps, danger.
Marion Watras
De ces heures de rush récoltées, de ces images inédites où la mer se déchaîne, Hervé Hamon décide finalement de tirer un documentaire, Chasseur de tempêtes. Mais il n'arrête pas d'embarquer pour autant, ce qui lui vaut d'être à bord le 12 décembre 1999. Souvenez-vous, ce jour-là, un certain pétrolier Érika fait naufrage au sud de la pointe de Penmarc'h. Un souvenir inoubliable pour Hervé Hamon.
Hervé Hamon
Quand on est arrivé, le bateau était déjà coupé en deux. Et en gros, on avait un demi-bateau qui flottait. On s'est dit, qu'est-ce qu'on va en faire ? Il y avait du fioul numéro 2 partout des fiouls très poisseux, très collants. Et on a vu en particulier qu'il y avait un câble de remorquage à l'arrière. Donc on s'est dit, on pourrait essayer de le crocher et d'essayer de maintenir le bateau sur place, voire d'essayer de le tirer vers les grands fonds, plus loin de la côte. Parce que là, il y avait des courants très puissants qui emmenaient le bateau et qui l'emmenaient, on avait calculé qu'il arrivait sur Belle-Île le lendemain matin. On a réussi à crocher une remorque et tout toute la nuit, on a vu qu'on ne pouvait pas progresser, mais qu'on pouvait tenir le bateau sur zone, au moins, l’empêcher de dériver. Ensuite, on a vu au matin que le bateau allait couler, et donc on a légèrement tiré dessus. C'était des fonds à 200 mètres où il y avait du sable, et notre idée, c'était, si on arrive à le coucher sur le fond de sable, peut-être qu'il sera possible de pomper le fioul qui est dedans s'il ne s'échappe pas. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit. Ça n'a pas empêché la marée noire, mais ça l'a diminué de moitié. C'est tout ce qu'on pouvait faire, mais ce n'était pas rien.
Marion Watras
Les mois passent et la construction d'une nouvelle abeille est envisagée. La compagnie propose à Hervé Hamon de partir suivre le chantier.
Hervé Hamon
Je suis allé d'abord en Pologne, à Gdansk, où a été assemblée la coque. Il faut dire que c'était quand même un chantier incroyable. Et puis la coque a été progressivement assemblée et remorquée en Norvège. J'ai vu installer les deux machines dans le bateau, c'était extrêmement impressionnant. On peut dire que ça pesait un peu. Et après, une fois les machines installées, il a été encore remorqué et installé dans un fjord. C'est là qu'ont été montées les cabines, les peintures. Et c'est là aussi que les marins de l'abeille Flandre sont venus découvrir leur bateau. J'ai vu arriver Lionel, qui était le Bosco, et qui a découvert ce bateau avec des banquettes toutes blanches, comme un yacht superbe. Et sa première réaction, ça a été « Qui c'est qui va nettoyer ? »
Marion Watras
Tout ce temps passé à bord est imprimé dans la mémoire de l'écrivain, ce qu'il a vécu ressemble avant tout à une véritable leçon de vie.
Hervé Hamon
Ce qui m'a impressionné sur l'abeille, c'est d'abord le sens du travail commun. Généralement, pour une grosse opération, pour un coup dur, Carlos faisait monter tout le monde à la passerelle, tout le monde était là, et il disait « qui est en forme aujourd'hui ? » Et après, il demandait « qui est volontaire ? » Il ne donnait jamais l'ordre à quelqu'un d'aller sur un truc dangereux, de se faire hélitreuiller par exemple sur un bateau en train de couler, les gars qui étaient sur ce bateau, ils ne sont pas payés pour mettre leur vie en danger. Et s'ils la mettent en danger, et je l'ai vu à plusieurs reprises, c'est quelque chose de libre qu'ils font. C'est un acte qu'ils posent. Ce sont des gens exceptionnels. C'est des sauveteurs. C'est-à-dire que ce sont des gens qui sont capables de prendre de réels risques pour sauver des gens qui sont en grand danger. Quand il y a un coup de vent annoncé sur la Bretagne, oui, je me dis, ça va être pour eux. Je continue à penser à eux, parce que c'est une vie totalement spéciale, totalement à part.
Marion Watras
C'était Brest dans l'oreillette, un podcast de la ville de Brest. Réalisation Marion Watras
Marion Watras
Brest dans l'oreillette, le podcast qui révèle les dessous de l'art et des patrimoines de Brest.
Voix SNCF
Vous êtes arrivé à Brest, terminus du train. Assurez-vous de n'avoir rien oublié dans le train.
Hugues Courant
Tous néo-brestois, mais même des vieux brestois, pensent que c'est un bâtiment à la reconstruction. Pas du tout, il est d'avant-guerre.
Yan Marchand
Quand j'ai voyagé, que je reviens par le train à Brest, à un moment, depuis la voie, on voit la Rade, le port de plaisance. Ça me réjouit toujours énormément.
Marion Watras
Portes d'entrée autant que points de départ. Dans une ville, la gare est toujours un bâtiment un peu à part, entouré d'un imaginaire de voyage, de retrouvailles et de temps suspendus. A Brest, ce caractère singulier est d'autant plus fort que la gare, terminus avant le bout du monde, est la dernière avant l'océan. D'ailleurs, la forme du bâtiment, que certains voient comme une locomotive avec sa grande tour en guise de cheminée, n'a pas été choisie au hasard. Hugues Courant en travaille aux archives métropolitaines et municipales de Brest.
Hugues Courant
Le bâtiment en lui-même qui vous fait face, quand vous arrivez depuis le parking, on le voit bien aujourd'hui, sa forme c'est quand même un bel hémicycle. La tour de l'horloge reportée sur le côté, mais vous avez bien un hémicycle et ça ferme en fait les voies. Ou au contraire, quand vous arrivez par le train, c'est ouvert parce que ça vous accueille. Et c'est bien le sens. Nous sommes sur une gare terminus, pas une gare de passage.
Marion Watras
Mais de quand au juste date la gare de Brest ? Elle est bien souvent considérée à tort comme un édifice de l'après Seconde Guerre mondiale. En réalité, le chantier de construction du bâtiment a débuté en 1936.
Hugues Courant
Il est de ce qu'on appelle le mouvement moderne, assez proche de l'art déco à la brestoise, donc très sobre, très épuré, presque un peu austère. Et effectivement, la guerre coupe un peu ce mouvement-là, mais ne l'arrête pas. Et quand on reprend la reconstruction, on reprend avec ce même style. Donc quand on voit la gare, on peut avoir la même impression d'ailleurs qu'avec l'hôpital Morvan, qui est exactement cette partie-là, deuxième partie des années 30, avec le même style. L'ouvrage va être confié à Urbain Cassan, un élève du Corbusier, pas trop trop mal question architecte, nouveaux matériaux, on est dans du béton armé désormais intégralement. L'architecture a un sens, tout particulièrement désormais dans ce nouveau bâtiment, et ça va se voir.
Marion Watras
D'où cette forme arrondie qui tranchait avec la première gare construite avant l'arrivée du chemin de fer en 1865. Beaucoup plus classique dans son architecture, comme on le voit sur les photos conservées aux archives, elle était constituée d'un corps central, de deux ailes et d'une immense verrière au-dessus des quais.
Hugues Courant
Cette gare était, aujourd'hui on aurait dit presque un peu préfabriquée, en tous les cas démontable. La marine avait des exigences quant au fait que si la ville était assiégée puis prise, il ne fallait pas que la gare puisse être utilisée par l'ennemi. Donc en 1865, en plein second empire, la gare doit être démontable. Elle a donc été construite en bois, en verre et en métal. Malgré ce côté presque temporaire, en tous les cas dans les matériaux utilisés, elle a quand même duré 71 ans.
Marion Watras
Revenons à la gare actuelle. Elle a peu changé dans sa physionomie depuis sa construction. Si les quais et les voies ont souffert pendant la Seconde Guerre mondiale, le bâtiment, lui, a été relativement épargné. Seul séquel visible des bombardements, le bas-relief en granit rose qui orne la tour de l'horloge, dont il ne reste que la partie basse.
Hugues Courant
C'est une œuvre de Lucien Brasseur. Ça symbolise une Bretagne touristique, mais après tout, pour une gare, on peut comprendre l'intention. Ce qui reste donc en bas, vous avez un marin pêcheur et un joueur de bignou qui se font face. Et au-dessus, vous aviez, et vous n'avez plus, un calvaire avec des bretonnes en train de discuter au pied. Et tout en haut, des silhouettes de bateaux hauturiers à voile. Vous aviez tous les aspects de la Bretagne symbolisés.
Marion Watras
La prochaine fois que vous prendrez le train à Brest, peut-être vous attarderez-vous un instant pour admirer ces éléments du bas-relief ou l'aspect général du bâtiment. Peut-être aussi votre esprit divaguera-t-il, dans l'attente d'un ami, sur le quai, car la gare est un lieu propice à la réflexion. Et ce n'est pas le philosophe Yan Marchand qui me dirait le contraire.
Yan Marchand
En philosophie, à proprement parler, il n'y a pas de réflexion particulière sur les trains, mais il y a quand même tout un imaginaire autour de la gare qui se déploie. Et les romans sont là pour nous le rappeler, puis nos vies quotidiennes. On pense souvent aux arrivées, aux départs, et c'est le verrou qui pose question. Il y a bien entendu les imaginaires de voyage, et aussi un imaginaire qui existe, boulot métro-dodo, c'est-à-dire celui de la régularité et de la routine. C'est pour dire, il s'en passe des choses sur un quai de gare.
Marion Watras
Partir pour mieux revenir, un aller avant une autre forme de retour, il y a parfois cette idée-là dans les départs.
Yan Marchand
Pour Brest, c'est particulier parce qu'effectivement, c'est un terminus et je me suis toujours posé la question pourquoi quitter Brest en fait. On y est si bien. Ça me fait penser à une idée comme ça d'un bonhomme qui s'appelle Jean-Pierre Vernant, et qui nous parle de nos amis grecs de l'Antiquité. Ils ont deux dieux, Hestia, qui est la déesse du foyer, et Hermès, qui est le dieu des voyages. Ils sont toujours associés, pour une raison qui est assez évidente, c'est-à-dire, pour sentir qu'on a un intérieur, un foyer, il faut se projeter vers l'extérieur. Et pour que l'extérieur ait du sens, il faut partir d'un intérieur. C'est pour ça que les Grecs avaient la réputation, ils le sont toujours d'ailleurs, très hospitaliers. C'est-à-dire, pour se sentir vraiment chez soi, il faut faire venir l'extérieur. Et pour se sentir chez soi, il faut aussi être l'étranger. Et sans sentir qu'on a été l'étranger, donc il faut absolument partir. Et le train, peut-être, quand on arrive en tout cas, nous rappelle, voilà, c'est mon lieu.
Marion Watras
Et puis la gare, c'est aussi ce lieu où l'on attend. On arrive en avance pour ne pas rater son train. On passe le temps quand il est en retard. On trépigne au retour d'un proche.
Yan Marchand
Effectivement, il y a toute une méditation sur le temps à faire à partir du train. En philosophie, chez Bergson notamment, on va distinguer deux types de temps. Il y a le temps des chronomètres, le temps des pendules, le temps des horloges, avec un avant, un pendant, un après. Et il y a un autre temps, beaucoup plus intime, qui est du temps vécu, que l'on appelle de la durée, et on sent que toutes les dimensions du temps se superposent. Et peut-être, dans le phénomène de l'attente, il y a ça. C'est-à-dire que le moment où je suis là, il est porté par tout un passé qui est encore présent. Et je me projette déjà dans un avenir qui n'est pas encore là. Ce qui fait que parfois ce temps vécu, ce temps intime, cette durée, fait mentir les horloges. Il se dilate, il est plus long ou plus court. Donc ça se passe sur le quai, mais ça se passe aussi dans le wagon. Quand on sait que le train va arriver en retard, on se met à regarder le temps qui passe et il ne passe pas. Et quand on est dans le train et que notre regard s'évade avec la vitesse du déplacement, finalement on ne voit plus le temps passer.
Marion Watra
C'était Brest dans l'oreillette, un podcast de la ville de Brest. Réalisation Marion Vatras.
Marion Watras
Brest dans l'oreillette, le podcast qui révèle les dessous de l'art et des patrimoines de Brest.
Claire Tracou
Surpris des volumes de cette église, de ce qu'elle raconte, de sa méthode de construction. Vraiment elle ne laisse pas indifférent.
Yann Celton
Elle est dans un style aussi qui surprend, on dirait peut-être brutaliste par ses formes élancées et très peu bretonne finalement.
Marion Watras
De l'extérieur comme de l'intérieur, l'église Saint Louis en impose. Ses dimensions hors norme, 87 mètres de long et une hauteur sous voûte de 24 mètres lui donnerait presque des aires de cathédrale. Son immense nef peut d'ailleurs accueillir jusqu'à 3 500 personnes assises. Son histoire, elle aussi, mérite de s'y attarder, car l'édifice a été construit à l'emplacement même de la première église Saint-Louis, partiellement touchée par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. C'est Claire Tracou du service musée patrimoine de la ville qui nous guide aujourd'hui à la découverte de cet élément du patrimoine religieux brestois.
Claire Tracou
L'église ancienne aurait pu être reconstruite. Elle n'était finalement pas complètement endommagée, mais à ce moment-là il y avait beaucoup d'enjeux en cours et notamment celui de rebâtir une ville qui répondait aux critères modernes. Et donc à ce moment-là on a fait le choix de la table rase aussi parce qu'on voulait remonter ce niveau des rues. et donc l'église de fait se retrouvait encaissée dans la ville moderne et ça n'avait plus de sens. Et donc finalement les fondations de l'ancienne église, elles sont encore visibles sous l'église d'aujourd'hui, et elles sont à 6 mètres en dessous à peu près, la hauteur qui a été recomblée de la rue Pasteur.
Marion Watras
Le concours d'architectes est lancé à la reconstruction. C'est le projet du cabinet Michel qui est retenu, à se détacher de la tradition bretonne, mais pas uniquement.
Claire Tracou
On a aussi cette alliance à la fois de l'ancien et de la modernité dans les couleurs, avec l'usage de la pierre de Logona qui est une pierre d'ici avec une couleur assez chaleureuse, ocre. Et puis ce béton qui est nouvellement utilisé au moment de la reconstruction et qui apporte une touche beaucoup plus brute mais aussi c'est très grand volume. Et après, au niveau des murs, on a vraiment Deux murs très distincts parce qu'on a tout un côté qui est orné de grands vitraux et le côté qui est le plus exposé au vent d'ouest, qui n'a que de toutes petites ouvertures colorées. Donc un bâtiment qui est aussi adapté à son climat, à son emplacement.
Marion Watras
Le style de l'église Saint-Louis témoigne du renouvellement architectural des édifices religieux à l'époque de la reconstruction, un parti pris assumé maisparfois mal compris.
Claire Tracou
À ce moment-là, l'art sacré est vraiment dans un grand bouillonnement créatif. Il y a beaucoup d'innovations sur la forme des campaniles, des clochers, des volumes des églises. L'Église Saint-Louis répondait à un mouvement qui était très en vogue mais qui pouvait surprendre effectivement les Brestois et toute autre personne qui avait certaines habitudes, certaines traditions. Donc je pense que c'est une église qui a toujours interpellé et au moment de sa consécration d'ailleurs A la fin du chantier en 1958, le maire de Brest disait au moment de son discours : "ce qu'on peut dire au moins c'est qu'elle ne laisse pas indifférent" et je pense que c'est toujours le cas aujourd'hui.
Marion Watras
Lors des visites proposées par l'office de tourisme et le service Musée Patrimoines, plusieurs espaces d'ordinaire fermés sont exceptionnellement accessibles : la tribune qui surplombe la nef, le baptistère octogonal est illuminé par les vitraux de Léonzac, mais aussi un autre endroit plus insolite encore. Claire Tracou nous y emmène.
Claire Tracou
On est dans le sous-sol, sous l'église et effectivement ici on peut voir les deux pilastres d'entrée de l'ancienne église. Donc c'est assez marquant de pouvoir revoir son architecture, son positionnement qui est vraiment en miroir à l'église actuelle. Et aussi cette ancienne porte, l'entrée par où les gens passaient, qui est murée mais qui permet de vraiment rendre compte. Ça donne de l'émotion de penser à tous les Brestois qui sont par exemple passés par là pour des cérémonies, mariages, les messes. et qu'aujourd'hui on passe 6 mètres au-dessus de cette porte.
Marion Watras
L'église Saint Louis est inscrite au titre des Monuments Historiques depuis 2018. Plusieurs éléments de l'édifice bénéficient également d'une protection au titre des objets mobiliers. C'est le cas de l'imposant calvaire en bois situé dans le cœur, et du maître hôtel non moins impressionnant. Yann Celton est conservateur délégué des Antiquités et Objets d'Art du Finistère Il connaît bien l'église Saint-Louis pour lui avoir consacré son mémoire de maîtrise d'histoire lorsqu'il était étudiant. Avec lui, nous nous attardons devant le calvaire et l'autel.
Yann Celton
Ce sont des œuvres d'un sculpteur qui n'est pas forcément connu du grand public, qui s'appelle Philippe Quaiplin, qui est mort en 2011, qui a beaucoup travaillé pour l'art sacré. J'ai eu la chance de le rencontrer chez lui à Venves, pour qu'il me raconte comment il avait conçu le décor de Saint-Louis. Ce qu'on appelle le calvaire, donc le Christ Saint Jean et la Vierge en rouge et or, doit faire 4,50 mètres de haut. Donc c'est très très grand. Et je lui dis « mais comment on fait pour avoir une taille pareille ? » Et puis il me dit « c'est pas compliqué » . Et là il mime un peu la scène. Il me dit « j'avais la maquette de l'église » . Il se penche, il dit « j'ai mis mon œil dans la porte d'entrée, au bout j'ai mis ma main, j'ai étendu le pouce et l'index, et puis j'ai estimé la taille que ça devait faire. Et ensuite j'ai mis à l'échelle et ça m'a fait 4,50 mètres. »
Marion Watras
C'est assez artisanal.
Yann Celton
C'est comme ça qu'il fonctionne. On est tout à fait vraiment dans un style des années 50, on est dans la modernité, dans quelque chose de brut. Alors il commence par une petite maquette qui m'a donné et que j'ai ici. Je vais vous la montrer, je vous l'ai apportée. Elle est classée monument historique également. Et là voilà. On a tout le style du Grand. Le choix du rouge et de l'or, vous avez remarqué que c'est les mêmes couleurs qu'on a sur la porte d'entrée de Saint-Louis également. c'est le rouge du sang de Brest versé pendant la guerre, et l'or de sa renaissance et de la gloire. Tout fonctionne ensemble, tout est conçu ensemble. Un hôtel très grand qu'on appelle un hôtel tombeau qui est noir, c'est du marbre noir de Leraux qui l'avait fait venir spécialement pour cette construction. Et donc au-dessus ce grand Christ qui semble en élévation. L'idée c'est d'avoir une masse très sombre et très pesante en bas, et quelque chose qui est beaucoup plus léger, qui s'élève en haut et qui s'étire même jusqu'à ce qu'on a la pièce de bois qui s'appelle le baldaquin, qui est au dessus du chœur, qui a été peint en jaune récemment, et qui est fait pour donner une luminosité particulière au chœur de Saint Louis.
Marion Watras
Impossible de terminer cette visite de l'église Saint Louis sans évoquer le calice dont on dit qu'il a été fabriqué à partir des bijoux des Brestois morts dans l'explosion de l'abri Sadi-Carnot en 1944. Légende urbaine ou histoire vraie ? En l'absence d'archives écrites, Yann Celton a mené l'enquête durant 10 ans et voici ce qu'il a découvert à propos de ce calice en argent serti de petits diamants.
Yann Celton
Ce ne sont pas directement des bijoux - les bijoux sont en or la plupart du temps - qui ont été fondus pour faire cet objet, mais donc ils ont été vendus pour que l'orfèvre puisse acheter le matériel et faire son travail ensuite. Juste sous la coupe on a des diamants et on m'a assuré que ce sont des diamants de taille ancienne et tous de tailles différentes. Donc là effectivement par contre ce sont vraiment des diamants qui appartenaient aux victimes de la guerre qui ont été replacés ici sur cet objet. Alors vous voyez que sur le pied, vous avez différents personnages qui sont représentés ici, qui sont ciselés. Je demandais qui était dessus, on ne savait pas trop. Et en les regardant, je vois un personnage qui présente un blason. Et le blason c'est le blason de Tours. Et tout d'un coup j'ai le déclic : ce n'est pas Saint-Martin de Tours, c'est Saint-Martin la paroisse de Brest. Et à partir de là, tout le rébus s'éclaire. Tous les personnages qui sont sur le calice sont les saints patrons de Brest à l'époque. On a Notre-Dame pour Kerbonne, on a Saint-Joseph pour le pilier rouge, on va avoir Saint-Laurent pour Roland Bézélec avec sa grille, etc. Et ça, ça n'existe nulle part. C'est le calice pour toute la ville de Brest de l'époque de la guerre qui est dessinée ici. Et ça, je n'ai jamais vu d'équivalent. Alors il a une histoire vraiment rocambolesque parce qu'en 2008 il est volé, il est retrouvé juste après mais la paterne est perdue. Mais la presse titre à ce moment-là le calice de l'abri Sadi Carnot, le calice historique et tout d'un coup on parle de lui. Parce que jusqu'à présent on n'avait jamais parlé de lui.
Marion Watras
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Brest labellisée ville d’art et d’histoire
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