Ciné-rencontre avec le réalisateur Benoit PERRAUD autour de son film « Souvent l'hiver se mutine»
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Culture / Loisirs
- Publié le 12/02/2026
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Le Mercredi 1 avril 2026 de 20:00 à 23:45
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Cinéma Les Studios
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Handicap moteur
Sourds et malentendants
Le film "Souvent l'hiver se mutine" est soutenu par l'Association des Cinémas de l'Ouest pour la Recherche (ACOR) ce qui nous permet d'accueillir à Brest son réalisateur Benoit PERRAUD pour un ciné-rencontre.
Film documentaire - 2025 - France - 1h14
Synopsis : Issu de longues recherches, Souvent l'hiver se mutine est un film d'archives né du désir du réalisateur de rencontrer le monde paysan du Poitou, celui de ses ancêtres. Il y a d'abord la saisissante beauté de ces images, l'attention admirable des filmeurs anonymes (des années 1930 jusqu'aux années 1970) aux matières, aux éléments, à la lumière; l'organisation générale du film les classe en domaines d'activités, du labourage au fauchage, de la dentellerie à la mytiliculture, des fêtes populaires aux jours d'école. Il y a aussi, dans le détail des séquences, le travail de sonorisation et de montage, grâce auxquels ce premier long métrage trouve sa pulsation véritable. Benoît Perraud choisit de superposer aux archives des enregistrements de chants populaires quelques bruitages parcimonieux,qui semblent toujours fondus à la musique, rythmiques avant d'être imitatifs.Résultat: la sonorisation n'induit ni un effet de réel, comme elle peut le faire chez Sergueï Loznitsa, ni une poétisation trop évidente, mais un effet de chorégraphie, que le montage soutient parfaitement. En une sorte de dorica castra visuelle, ce documentaire ethnographique passe d'un geste, d'un détail, d'une époque à l'autre par un jeu d'échos, de la dentelle au lierre et du lierre aux robes de quatre mariées.Toutes les activités humaines, cinéma. compris, paraissent être affaire de tissage, de mouvements emberlificotés, en équilibre entre l'ancrage 0es pas dans la boue) et la légèreté (les gigantesques filets tendus sur une plage). Ce sont eux qui font lentement advenir, une maille à l'endroit une maille à l'envers, un pays - dont la fin du film, à coup de citation conclusive et de chanson originale, énonce trop explicitement la fragilité.
Entrée au tarif habituel du cinéma.
Des années 1930 aux années 1970 en Poitou-Saintongeais, des moments de la vie rurale ont été filmés par des caméras amateurs. La rencontre entre ces images d'archives et les chansons chansons collectées aux sujets sociaux qui n'ont jamais rien d'anodin, le tout dans un montage critique à la stimulation incessante, offre une symphonie visuelle fascinante d'une histoire populaire méconnue.
Encore une enthousiasmante expérience de cinéma documentaire au festival de La Rochelle reçu avec émotion et une intelligence collective par son public ! Présenté alors en première mondiale, Souvent l'hiver se mutine (2025)de Benoit Perraud met à l'honneur la force d'expression narrative de la matière cinématographique dans un remarquable travail de montage opéré avec la complicité créative de Marie Bottais et l'implication du groupe Ma Petite (Perrine Vrignault, Maxime Barbeau, Maxime Dancre, Paul Weeger). Cette construction au présent du film, repose sur la résurrection à la fois des images argentiques de films amateurs et des bandes sonores issues de la volonté de collectage de la culture immatérielle initiée notamment dans les années 1970 par l'UPCPMétive.
Il faut ajouter à cela le désir du cinéaste Benoit Perraud d'entrer dans un dialogue atemporel avec des générations enracinées à la réalité à la terre comme force vitale dans une France au début du XXe siècle dont la majorité de la société était encore rurale. Le film bénéficie d'une inspiration profonde issue de la puissance poétique du cinéma muet et le regard critique aussi bien féministe qu'écologique, avec une pincée de rafraîchissant anarchisme au coeur d'une histoire populaire de la ruralité qui reste encore à écrire avant de pouvoir occuper ne serait-ce que quelques paragraphes des manuels d'histoire.
Souvent l'hiver se mutine met en scène des images passées inédites pour penser dans un montage critique l'évolution d'une construction sociale dont la contemporanéité est héritière. Ledit « devoir de mémoire » ne se construit pas ici sur les événements officiels de !'Histoire mais plutôt sur ces événements oubliés qui sont autant de rituels témoignant de chroniques explicites de vie. La tradition musicale des chansons populaires qui prennent des accents féministes et anarchistes sans se présenter officiellement comme des pamphlets politiques, associée aux images d'archives, viennent nourrir un dialogue infini d'une stimulante réflexion pour saisir en écho le monde actuel, La poésie visuelle de Souvent l'hiver se mutine est ainsi une salutaire expérience cinématographique qui nourrit la démarche inclusive d'inscription au monde contemporain dans une synergie narrative effervescente entre l'image et le son.
Cinéma Les Studios
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136 rue Jean Jaurès
29200 Brest - 02 98 46 25 58
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